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    Allocations familiales : combien tu touches pour chaque enfant et comment les demander

    6 min de lecture

    Brouillon

    Avec un enfant, les dépenses augmentent tout de suite. En Suisse, il existe pourtant une aide mensuelle que beaucoup de familles considèrent comme acquise et que peu vérifient : les allocations familiales. Elles sont versées pour chaque enfant, en général directement avec le salaire. Tu découvres ici combien elles représentent, qui les reçoit, comment les demander et à quoi faire attention quand tu changes de travail ou de canton.

    Ce que c’est

    Les allocations familiales compensent en partie les coûts que les parents ont pour entretenir leurs enfants. Elles sont réglées par une loi fédérale (la LAFam, en vigueur depuis 2009), mais les montants et l’organisation dépendent du canton. Les principaux types sont :

    • allocation pour enfant : pour les enfants et les plus jeunes ;
    • allocation de formation professionnelle : pour ceux qui suivent une formation après la scolarité obligatoire, par exemple un apprentissage ou des études ;
    • allocation de naissance et d’adoption : une somme versée une seule fois, mais seulement dans certains cantons.

    Combien elles représentent : les minimums fédéraux (2026)

    Dans toute la Suisse, aucun canton ne peut verser moins que ces montants mensuels, pour chaque enfant :

    Type Minimum fédéral par mois Depuis quand jusqu’à quand
    Allocation pour enfant CHF 215 Du mois de la naissance jusqu’à la fin du mois où l’enfant a 16 ans
    Allocation de formation professionnelle CHF 268 Dès le début d’une formation après la scolarité obligatoire (au plus tôt dès le mois du 15e anniversaire) jusqu’à la fin de la formation, au plus tard jusqu’à la fin du mois des 25 ans

    Deux précisions utiles :

    • Si un enfant a droit à l’allocation de formation professionnelle avant 16 ans, il reçoit celle-ci à la place de l’allocation pour enfant : elles ne s’additionnent pas.
    • Si l’enfant poursuit la scolarité obligatoire après 16 ans, l’allocation de formation professionnelle commence le mois suivant. Pour les enfants de 16 à 20 ans qui ne peuvent pas travailler pour des raisons de santé, on continue à recevoir l’allocation pour enfant.

    L’allocation de formation professionnelle n’est pas due si l’enfant gagne plus de CHF 30’240 bruts par an avec une activité lucrative.

    Les cantons peuvent verser plus

    Les valeurs ci-dessus ne sont qu’un plancher. Certains cantons versent davantage, d’autres appliquent simplement le minimum. Voici deux exemples tirés du tableau officiel de l’OFAS pour 2026 (montants mensuels par enfant) :

    Canton Allocation pour enfant Allocation de formation professionnelle
    Tessin CHF 215 (le minimum fédéral) CHF 268
    Zurich CHF 215 jusqu’à 12 ans, CHF 268 après 12 ans CHF 268

    Certains cantons échelonnent aussi le montant selon l’âge ou le nombre d’enfants (par exemple à Fribourg, Vaud, en Valais, à Neuchâtel et à Genève, le montant est plus élevé dès le troisième enfant). Contrôle toujours les tableaux de ton canton : tu peux trouver l’adresse de la caisse cantonale sur le site ahv-iv.ch.

    Allocations de naissance et d’adoption

    La loi fédérale ne les prévoit pas : chaque canton décide s’il les verse et combien. Selon l’OFAS, elles sont versées par Fribourg, Genève, le Jura, Lucerne, Neuchâtel, Schwytz, Uri, le Valais et Vaud (l’adoption dans tous ces cantons sauf Schwytz). Dans le tableau de l’OFAS pour 2026, le Tessin n’a pas d’allocation de naissance. Si tu attends un enfant, demande à la caisse de ton canton si elle existe et quelles sont les conditions.

    Qui y a droit

    • Les salariés, avec un revenu soumis à l’AVS d’au moins CHF 630 par mois ou CHF 7’560 par an. Si tu as plusieurs employeurs, les revenus s’additionnent. Même à temps partiel, tu reçois le montant entier.
    • Les indépendants, avec le même revenu minimum et l’affiliation à une caisse d’allocations familiales.
    • Les personnes sans activité lucrative, à des conditions précises : la loi fédérale demande entre autres d’être domicilié en Suisse, d’avoir un revenu imposable jusqu’à CHF 45’360 par an et de ne pas recevoir de prestations complémentaires. Les cantons peuvent être plus généreux : le Tessin, par exemple, a supprimé cette limite de revenu.
    • Les enfants qui donnent droit aux allocations sont tes enfants (mariés ou non), les enfants adoptés, les beaux-enfants qui vivent avec toi, les enfants recueillis et, à certaines conditions, les frères, sœurs et petits-enfants que tu entretiens.

    Pendant un congé (maternité, pour l’autre parent, adoption) ou en cas de maladie et d’accident, les allocations continuent pendant une période fixée par la loi.

    Qui paie

    Ce n’est pas toi qui paies : l’argent vient d’une caisse de compensation pour allocations familiales, financée ainsi :

    • les employeurs versent des cotisations sur les salaires soumis à l’AVS (les taux changent d’un canton à l’autre et d’une caisse à l’autre) ;
    • les indépendants versent des cotisations sur la part de leur revenu AVS allant jusqu’à CHF 148’200 ;
    • pour les personnes sans activité lucrative, ce sont surtout les cantons qui paient.

    Les salariés ne versent normalement rien. Le Valais fait exception : là-bas, les travailleurs cotisent aussi.

    Si les deux parents travaillent

    Pour chaque enfant, une seule allocation est versée, pas deux. La loi détermine qui la reçoit selon ces critères, dans cet ordre (c’est le premier qui s’applique qui décide) :

    1. la personne qui exerce une activité lucrative (si l’un travaille et l’autre non) ;
    2. le parent qui détient l’autorité parentale ;
    3. en cas d’autorité parentale conjointe, la personne avec qui l’enfant vit principalement ;
    4. si les deux vivent avec l’enfant, celui qui travaille dans le canton de domicile de l’enfant ;
    5. sinon, celui dont le revenu d’activité salariée soumis à l’AVS est le plus élevé.

    En pratique, dans un couple marié avec enfants et deux salaires, c’est en règle générale un seul parent qui touche l’allocation. Si l’autre parent travaille dans un canton où les allocations sont plus élevées, il peut avoir droit à la différence. Il vaut quand même la peine de s’accorder en famille et de vérifier qui la reçoit vraiment, parce que les allocations doivent être utilisées pour l’enfant.

    Comment les demander

    1. Si tu es salarié : tu remplis le formulaire de demande et tu le remets à ton employeur (ou à sa caisse), avec les documents, par exemple l’acte de naissance.
    2. Si tu es indépendant : tu t’adresses à la caisse à laquelle tu es affilié.
    3. Si tu ne travailles pas : en règle générale, tu t’adresses à la caisse cantonale du canton de domicile.

    Les salariés reçoivent les allocations en règle générale avec le salaire. Si la demande est rejetée, tu peux demander une décision formelle et faire opposition dans les 30 jours.

    Tu peux aussi demander les allocations a posteriori, mais au maximum pour cinq ans à partir du moment où le droit est né. Ne repousse pas pour autant : chaque mois perdu, c’est de l’argent en moins.

    Contrôle la fiche de salaire

    Après la naissance d’un enfant, regarde si la fiche de salaire comporte la ligne des allocations familiales (en général avec un nom comme « allocations familiales » ou « allocations pour enfant »). Si elle manque, adresse-toi au service du personnel : la demande n’a peut-être pas été déposée ou elle est en attente.

    Tu changes de travail ou de canton ?

    Tu dois communiquer spontanément à l’employeur ou à la caisse chaque changement qui influe sur le droit, même si la personne qui a le droit en premier change. Entre autres :

    • naissance d’un enfant, décès ou départ à l’étranger ;
    • début, interruption ou fin de la formation d’un enfant ;
    • mariage, séparation ou divorce et changements de l’autorité parentale ;
    • début ou fin du travail de l’autre parent, ou changement du canton dans lequel l’autre parent travaille ou dans lequel vit l’enfant.

    Quand tu changes d’employeur, dépose une nouvelle demande auprès du nouvel employeur (ou de sa caisse) et vérifie qu’elle arrive déjà avec le premier salaire. En changeant de canton, les montants et les règles peuvent changer. Celui qui encaisse des allocations auxquelles il n’a pas droit doit les rembourser.

    Un exemple détaillé

    Les montants de la famille sont inventés, ceux des allocations sont de 2026. Marta et Luca vivent au Tessin, travaillent tous les deux comme salariés et ont deux enfants de 4 et 7 ans. Pour chaque enfant, une seule allocation est versée, donc un seul parent la reçoit (par exemple Marta, selon l’ordre ci-dessus).

    Poste Calcul Montant
    Allocation pour enfant, 2 enfants 2 × CHF 215 CHF 430 par mois
    Total sur un an 12 × CHF 430 CHF 5’160

    Au Tessin, le montant est le minimum fédéral. D’autres cantons versent davantage : ta famille pourrait donc recevoir un montant différent. Contrôle le tableau de ton canton.

    Quand l’aîné commence un apprentissage, il reçoit l’allocation de formation professionnelle (au moins CHF 268) à la place de celle pour enfant. Au Tessin : CHF 215 + CHF 268 = CHF 483 par mois, soit CHF 5’796 par an.

    Dans le budget de la famille, les allocations sont un revenu fixe à placer à côté du salaire.

    À surveiller

    Les montants sont ceux de 2026 : les cantons les adaptent de temps en temps, en général en début d’année. Contrôle les tableaux à jour chaque janvier.

    Ce guide est une information générale et ne remplace pas un conseil personnalisé.

    Sources

    Vérifiées le 09.10.2026.

    Auteur: · Mis à jour le

    Les valeurs et montants affichés proviennent de sources publiques sur internet, toujours indiquées de manière transparente. Dans les limites autorisées par la loi, nous déclinons toute responsabilité quant à leur exactitude ou leur actualité : vérifie-les toujours auprès de la source officielle avant de décider.